Panier 0
Azken Guda Dantza

Kortatu

Azken Guda Dantza

€22.99

Pays basque espagnol, années 80, la situation politique et économique est plus que chaude : crise industrielle, franquisme pas digéré, torture dans les commissariats, groupes para-policiers montés par le nouveau pouvoir socialiste pour éliminer les militants indépendantistes. Face à cela, les luttes indépendantistes, anti fascistes, anti carcérales, autonomes, écologistes, féministes... se développent et construisent des contre-pouvoirs au capitalisme autoritaire espagnol. Des squats et locaux autogérés (les gaztexte, littéralement «maison des jeunes») se montent dans chaque quartier un tant soit peu animé des centres et des périphéries urbaines, jusque dans de nombreux villages des zones les plus montagneuses.
C'est sur cette toile de fond que se crée le groupe Kortatu, en 1983. Né à Irun, ville frontière, il va devenir la figure de proue de la scène appelée « rock radical basque », et qui a composé la bande son des révoltes de toute une génération. Pendant 6 années, Fermin (guitare, chant) Inigo (basse) et Treku (batterie) ont livré une musique âpre, sans concession, tout à la fois revendicative et festive. Ils ont écumé les bars, fêtes de villages, concerts de soutien, festivals, et même parvis de prison, du pays basque. Les concerts de Kortatu étaient des événements, qui, même annoncés quelques heures avant, pouvaient rameuter des centaines de personnes prêtent à faire la fête sans poser leur cerveau à l'entrée (Besta baï, borroka ere baï, « la fête oui, la lutte aussi ») !
Ambassadeurs du combat pour l'émancipation d'Euskal Herria, ils ont joué leur punk mêlé de ska sur les routes de l'Europe continentale, toujours portés par un esprit clairement internationaliste et anti-autoritaire. Ils ont partagé les scènes françaises avec Ludwig Von 88, les Brigades, Bérurier Noir, Nuclear Device, PPI, Dirty District, etc...
Leurs textes, comme ceux des Clash et des Bérus, constituent des chroniques du quotidien comme des appels à la révolte. Plus que jamais d'actualité !
Les membres de Kortatu ont prolongé cet esprit sous des formes musicales variées, intégrant le hardcore, le rap, le reggae, les rythmes latinos, dans des groupes comme Negu Gorriak, Joxe Ripiau, Sagarroi, ou dans divers projets solo, toujours percutants. Ils ont aussi monté le label Esan Ozenki, devenu Metak, pour promouvoir une vision libre et indépendante de la création musicale.

Enregistrement du mythique concert d'adieu de Kortatu, à Pampelune le 1er octobre 1988, devant des milliers de personnes « Azken guda dantza » (« la dernière danse de guerre ») est de ces œuvres qui sont bien plus qu'un simple disque. Témoignage incandescent d'une époque, événement musical majeur du punk rock politisé, il est de ces galettes à trôner au plus haut des collections de vinyles. La revue punk américaine Maximum Rock'n'roll ne s'y est pas trompée, en la désignant comme référence des disques "live". Ce qui explique qu'il a su toucher des oreilles bien au delà des cercles d'amateurs du genre musical.

On trouve là 26 titres issus de l'ensemble du parcours de Kortatu. Ce qui éclate à la gueule, dès les premiers tours de sillon, c'est la fusion entre la musique du groupe et l'intervention du public. Il est rare dans les live que l'ambiance de la salle soit si bien rendue, témoignant, tout au long du concert, du feu montant de la fosse. Dans des morceaux comme After-Boltxebike, qui ouvre le concert à haute vitesse, La Linea Del Frente, Hotel Monbar et bien d'autres, la clameur du public complétement intégrée aux morceaux, illustre la ferveur qui relie le groupe et sa base sociale. D'ailleurs, la première version, éditée à l'époque, est jalonnée de « biiip » couvrant les slogans émanant de la foule sur les titres Platinozko Sudurrak et surtout Aizkolari. Un des exemples de censure de la démocratie post franquiste, preuve que les régimes politiques qui se succèdent sont souvent fait de continuités autant que de ruptures. La réédition de 1992 par le label Esan Ozenki fait disparaitre ces traces de censure, autant dire que la chaleur monte encore d'un cran !

Tous les titres essentiels du groupe sont là, dans des versions accélérées, puissantes, qui maintiennent la pression au plus haut pendant les 1h15 de l'événement : mais si Etxterat!, Gernika 37-87, Makurtu Gabe, A la Calle, Zu Atrapatu Arte, Nicaragua Sandinista atteignent des sommets, il est difficile de sortir des titres du lot tant l'ensemble est homogène. Même les morceaux reggae Tatuado et Hay Algo Aqui Que Va Mal sont torrides. On l'aura compris, on a là la bande-son parfaite des émeutes passées et à venir !

 

Fermin Muguruza a dit qu'il reformerait Kortatu pour un concert, le jour où l'amnistie des prisonniers politiques basques serait obtenue, dans une sortie négociée au conflit d'indépendance. Une raison de plus d’œuvrer pour la cause !

 




Format LP : 2xLP ; Vinyles noirs 26 titres + insert 8 pages avec liste intégrale des concerts du groupe, discographie et visuels.
Année de réédition : 2015 (Esan Ozenki)
Pressage original : 1988 - Nola!
Trackliste :
A1- After Boltxebike
A2- Oker Nago
A3- Etxrerat!
A4- Equilibrio
A5- Mr Snoid Entre Sus Amigos Los Humanos
A6- La Linea Del Frente
B1- Gernika 37-87
B2- Makurtu Gabe
B3- Hotel Monbar
B4- Hernani 15-VI-84
B5- Sospechosos
B6- A La Calle
B7- La Familia Iskariote
C1- Desmond Tutu
C2- Platinozko Sudurrak
C3- Aizkolari
C4- Jimmi Jazz
C5- Denboraren Menpe
C6- Zu Atraptu Arte
C7- Tatuado
D1- Nicaragua Sandinista
D2- Hay Algo Aqui Que Va Mal
D3- A.E.K. ko Beteranoak
D4- Jaungoikoa Eta Lege Zaharra
D5- El Ultimo Ska
D6- Kolpez Kolpe


Du même artiste