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Haine Brigade

Haine Brigade, c’est quatre banlieusard Lyonnais, se retrouvant dans le même lycée au début des années 80 et qui décident de monter un groupe, après avoir flashé sur les paroles de The Clash, Stiff Little Fingers et Crass. Très intéressés par le côté révolutionnaire du punk, ils parcourent, entre deux répets, les ouvrages de Marx, Bakounine, Stirner et des bouquins plus généraux sur l’anarchisme.

On est arrivé au punk par la politique. En 84, on a commencé à répéter plus intensivement, à faire des démos. On est monté à Paris, on est passé à l’Usine à Montreuil. On a commencé à rencontrer les gens des Brigades, les gens de New Wave, tout ça par l’intermédiaire de Tapage particulièrement.

En 1984, le groupe s’inscrit dans l’activisme en fondant le collectif "Fraction Rock Terroriste" qui réunira d’autres formations musicales, photographes, illustrateurs de Lyon et Paris et en profite pour sortir son propre fanzine "Kanaï".
Au sein du groupe, les idées sur le monde et les goûts musicaux ne sont pas tous identiques, mais chacun se retrouve autour des idéaux anti-racistes et anti-militaristes, en dehors de toute idéologie rigide. Ils défendent une vision politique du quotidien, où chacun gère sa propre existence, les yeux grands ouverts sur la réalité, en refusant le plus grand nombre de normes (sociales, culturelles, vestimentaires...) et l’esprit critique toujours en alerte, que ce soit sur nos propres actes ou les ennemis de la liberté, ceux qui imposent des contraintes et qui ont les moyens de diriger la vie des autres (les chefs, les idéologues, les religieux, les armées, les flics et l’État).

La Fraction Rock Terroriste, c’était un mix entre l’utopie des pirates, le punk et la guérilla urbaine… À ce moment, les manifs anti Le Pen se développaient, des squats s’ouvraient… C’était une bonne base. Mais on n’était pas forcément des violents. La violence, c’était plutôt celle de notre musique et de nos paroles.

Les textes parlent de ce qui nous entoure, sans jouer les donneur de leçons. L’ennui et la solitude sévissent dans les banlieues et le monde crève lentement devant les masses de gens aveugles. Une musique en réaction, pour créer soi-même quelque chose, s’investir, trouver de nouvelles idées pour que des brèches s’ouvrent dans les murs qui les entourent, en faisant attention de ne pas se prendre au sérieux : dérision et humour sont aussi des armes. Garder un grain de folie, avec une soif de vie, intense imprévue !