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Kolpez Kolpe - Archives de la Zone Mondiale

Kortatu - Kolpez Kolpe

€9.99

Pays basque espagnol, années 80, la situation politique et économique est plus que chaude : crise industrielle, franquisme pas digéré, torture dans les commissariats, groupes para-policiers montés par le nouveau pouvoir socialiste pour éliminer les militants indépendantistes. Face à cela, les luttes indépendantistes, anti fascistes, anti carcérales, autonomes, écologistes, féministes... se développent et construisent des contre-pouvoirs au capitalisme autoritaire espagnol. Des squats et locaux autogérés (les gaztexte, littéralement «maison des jeunes») se montent dans chaque quartier un tant soit peu animé des centres et des périphéries urbaines, jusque dans de nombreux villages des zones les plus montagneuses.
C'est sur cette toile de fond que se crée le groupe Kortatu, en 1983. Né à Irun, ville frontière, il va devenir la figure de proue de la scène appelée « rock radical basque », et qui a composé la bande son des révoltes de toute une génération. Pendant 6 années, Fermin (guitare, chant) Inigo (basse) et Treku (batterie) ont livré une musique âpre, sans concession, tout à la fois revendicative et festive. Ils ont écumé les bars, fêtes de villages, concerts de soutien, festivals, et même parvis de prison, du pays basque. Les concerts de Kortatu étaient des événements, qui, même annoncés quelques heures avant, pouvaient rameuter des centaines de personnes prêtent à faire la fête sans poser leur cerveau à l'entrée (Besta baï, borroka ere baï, « la fête oui, la lutte aussi ») !
Ambassadeurs du combat pour l'émancipation d'Euskal Herria, ils ont joué leur punk mêlé de ska sur les routes de l'Europe continentale, toujours portés par un esprit clairement internationaliste et anti-autoritaire. Ils ont partagé les scènes françaises avec Ludwig Von 88, les Brigades, Bérurier Noir, Nuclear Device, PPI, Dirty District, etc...
Leurs textes, comme ceux des Clash et des Bérus, constituent des chroniques du quotidien comme des appels à la révolte. Plus que jamais d'actualité !
Les membres de Kortatu ont prolongé cet esprit sous des formes musicales variées, intégrant le hardcore, le rap, le reggae, les rythmes latinos, dans des groupes comme Negu Gorriak, Joxe Ripiau, Sagarroi, ou dans divers projets solo, toujours percutants. Ils ont aussi monté le label Esan Ozenki, devenu Metak, pour promouvoir une vision libre et indépendante de la création musicale.

Dernier album studio, Kolpez Kolpe marque la fin d'un cycle, qui se poursuivra sous d'autres noms que Kortatu. Les paroles sont pour la première fois intégralement chantées en basque. La réappropriation et la défense d'une langue en voie d'extinction pendant les années de la dictature franquiste était un des objectifs du groupe. C'est dire à la fois l'importance des textes. Les paroles sont soignées mais mettent la fièvre, et leur intransigeance, si elle est très métaphorique, soulève les foules à chaque concert (Etxerat, Gernika 37-87, Makurtu Gabe, etc...)

Nouveaux horizons également au niveau musical, avec des ouvertures aux black musics, que ce soit la soul ou la rap. La découverte de Public Enemy n'a pas laissé indifférents les frangins Muguruza. Dans tous les cas, ces nouvelles influences sont intégrées efficacement dans le punk hargneux du groupe, comme le montrent Denboraren Menpe, Oker Nago et Etxerat! où les cuivres sonnent un soul-punk largement à la hauteur des meilleurs morceaux du groupe Redskins. Ce dernier titre, qui signifie « à la maison » parle du retour du groupe après une tournée européenne. Mais en Euskadi, c'est aussi un slogan de la revendication de rapprochement des prisonniers basques dispersés dans les taules espagnoles et françaises.

Même esprit dans Gernika 37-87 : une musique de feu appuie un texte où le souvenir du bombardement de la ville de Guernica par les nazis, durant la guerre civile, braque les projecteurs sur l'actualité de 1987, à savoir les émeutes anti apartheid à Soweto et l'intifada contre l'occupation israélienne en Palestine. La situation des palestiniens, à l'époque comme aujourd'hui, inspire la plume et l'action de Fermin. Erun Ginen en est un autre exemple, morceau tendu, étouffant, image des tirs de missiles sur Beyrouth Ouest.

De guitares acérées, des lignes de basses incroyables (c'est aussi une des marques de fabrique de Kortatu). Mais l'influence rap apparait sur l'album, comme dans AEK'Ko Veteranoak et le morceau éponyme Kolpez Kolpe. Dans les deux cas, la voix hargneuse scande des textes sarcastiques et sans concessions, et la rythmique tape comme une masse sur un vieux squatt muré pour y faire un dernier concert !

Et ce dernier titre, Makurtu Gabe, un mid' tempo tranquille et mélodique qui est reçu comme un appel à l'insurrection quand le refrain (« debout sans plier ») vient ponctuer la liste des éléments trouvés dans une cache d'un commando d'ETA (« des boites de conserves et des filtres à café... »).

Un album fort, vraiment !





Format LP : Vinyle noir 10 titres + insert 12 pages avec paroles (traductions anglais et français) et visuels.
Année de réédition : 2015 (Esan Ozenki)
Pressage original : 1988 - Oihuka
Trackliste :
A1- After Boltxebike
A2- Etxerat!
A3- Gernika 37-87
A4- Denboraren Menpe
A5- A.E.K. 'Ko Veteranoak
B1- Kolpez Kolpe
B2- Oker Nago
B3- Erun Ginen
B4- Platinozko Sudurrak
B5- Makurtu Gabe

 

Format : CD + livret avec photos.
Année de réédition : 1998 (Esan Ozenki)
Pressage original : 1988 (Oihuka)
Tracklist :

1- After Boltxebike
2- Etxerat
3- Gernika
4- Denboraren Menpe
5- A.E.K.'ko Veteranoak
6- Kolpez Kolpe
7- Oker Nago
8- Ehun Ginen
9- Platinozko Sudurrak
10- Makurtu Gabe

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